La synergologie au quotidien: article 4/5 Synergologie et coaching : quand le corps ouvre le chemin avant les mots
- slejeunefc
- 18 janv.
- 3 min de lecture

Il y a quelque temps, j’ai été missionnée dans une entreprise pour réaliser un coaching.Je suis reçue par un membre de la direction qui m’explique ses attentes concernant son collaborateur. Puis, presque comme une évidence, il ajoute :« Moi aussi, j’ai un coach. D’ailleurs, je l’ai en permanence. »
Coach permanent.L’expression m’interpelle.
Parce qu’un coach, par définition, n’est pas quelqu’un que l’on garde à vie.Ce n’est pas un conseiller attitré.Ce n’est pas un confident durable.Et ce n’est pas non plus un filet de sécurité émotionnelle.
Un coach est là pour accompagner un passage, pas pour s’installer.Sinon, il ne s’agit plus vraiment de coaching, mais plutôt d’un sparring-partner, d’un miroir rassurant, parfois d’un espace conforta
ble… où l’on peut réfléchir sans trop se mettre en risque.
Il existe d’ailleurs une autre confusion, plus silencieuse encore :celle du coach qui, pour des raisons pécuniaires, garde ses clients à vie.
Pas parce que le travail le nécessite.Pas parce que la situation est complexe.Mais parce que la relation devient confortable… et rentable.
Or, un accompagnement qui ne vise pas la sortie n’est plus un coaching.C’est autre chose.Parfois un espace de parole, parfois un soutien, parfois une habitude.Mais ce n’est plus un chemin vers l’autonomie.
Le coaching est, par essence, temporaire.Il a un cadre, un rythme, une fin.Et cette fin n’est pas un échec : c’est l’objectif.
Quand le corps travaille avant la conscience
Dans un accompagnement de coaching, il y a des moments très particuliers.Des moments où la personne parle moins.Où elle cherche.Où elle hésite.
Et souvent, elle dit :« Je ne sais pas… »
Pourtant, pour qui sait observer, quelque chose est déjà en train de se jouer.Pas dans les mots.Dans le corps.
C’est là que la synergologie trouve naturellement sa place en coaching.Non pas pour expliquer, ni pour interpréter à la place de l’autre — encore moins pour montrer que l’on sait avant elle — mais pour respecter le rythme de ce qui émerge.
Je repense à une séance où la personne cherchait une orientation, une décision à prendre.Elle parlait, puis s’arrêtait.Silence.
À un moment, sans même s’en rendre compte, elle a gratté son sourcil droit vers l’extérieur.Un geste bref, discret.Presque rien.
En synergologie, ce geste correspond à un traitement visuel externe :la personne n’est ni dans l’émotion intime, ni dans l’analyse verbale.Elle est en train de revoir ou d’imaginer des images, des situations possibles, des scénarios.
Autrement dit :elle est possiblement déjà en train de se projeter.
À ce moment-là, le rôle du coach n’est pas d’intervenir.Ni de poser la “bonne question”.Ni d’expliquer ce que le geste pourrait vouloir dire.
Le rôle du coach est de ne pas interrompre.
Laisser l’avancée au client
C’est là que la synergologie est profondément cohérente avec l’éthique du coaching.Elle permet de voir que le processus est en cours… sans le voler.
Si j’avais parlé, j’aurais pris la place.Si j’avais interprété, j’aurais orienté.Si j’avais reformulé trop vite, j’aurais accéléré artificiellement.
J’ai choisi le silence.Un silence habité.Un silence qui laisse de la place.
Quelques instants plus tard, la personne a dit, très simplement :« En fait… je crois que je sais. »
Et cette phrase n’était ni brillante, ni construite.Elle était juste.Parce qu’elle venait d’elle.
La synergologie comme alliée de l’autonomie
Ce que j’aime profondément dans la synergologie en coaching, c’est qu’elle ne s’impose jamais.Elle ne donne pas de réponses.Elle aide le coach à reconnaître quand le corps est déjà en train de travailler.
Elle invite à une posture exigeante :voir, comprendre… et ne pas agir tout de suite.
C’est parfois inconfortable.Mais c’est ce qui permet au client de s’approprier pleinement son cheminement.
Non pas parce que le lien n’était pas bon.Mais parce que la personne a appris à fonctionner sans le coach.
Conclusion – et petite expérience
Alors, une question pour terminer.
Dans vos échanges du quotidien — professionnels ou personnels —à quel moment pourriez-vous ne rien dire de plus ?À quel moment le silence serait-il plus aidant qu’une explication ?
Petit exercice simple :La prochaine fois que quelqu’un hésite, cherche ses mots, regarde ailleurs ou fait un geste discret…essayez de ne pas intervenir tout de suite.Respirez.Attendez quelques secondes de plus.
Et observez ce qui émerge.
Parfois, le corps a juste besoin d’un peu d’espace pour ouvrir le chemin avant les mots.



