Une réflexion avec Fabrice Luchini, à propos du déni
- slejeunefc
- 9 janv. 2025
- 3 min de lecture
" Pour être avec l'autre, il faut avoir compris des choses en soi. Si tu n'as rien compris en toi, si, comme dit Simone Weil, tu ne t'es pas élucidé un minimum, qu'est-ce que tu vas comprendre de l'autre ?
Tu ne comprendras de l'autre que ce que tu as vaguement compris de toi. Je ne peux jouir de l'autre qu'en ayant de l'empathie, pour avoir de l'empathie il faut que je le comprenne.
Pour le comprendre, au sens premier (le prendre avec) il faut que je comprenne des choses en moi pour que ce qu'il est résonne en moi.
Et pour que ça résonne en moi comme un, il faut quand même que je m'y sois colleté à ce que je suis (qui est minable, médiocre, chaotique, inconséquent), mais tant que tu n'as pas un début d'élucidation de ce que tu es, qu'est-ce que tu vas recevoir de l'autre?!.
Tu ne vas rien comprendre de l'autre parce que pour comprendre l'autre et bien il faut avoir compris soi.
Tu n'as de sympathie avec l'autre que ce que tu as accepté de sympathie avec toi. Une véritable sympathie pas une relation mondaine, c'est autre chose, ça c'est une ivresse.
Ce que je peux dire modestement c'est que mon affection pour l'autre ne peux pas ne pas dépendre de ce que j'ai accepté d'aimer un peu en moi.
Car si je ne connais rien du tout de moi et si je ne sais pas qui je suis, je vais être dans un tel état d'incertitudes, de non présence, que je ne vais rien voir dans l'autre, et, ici, la phrase de Nietzsche est admirable: " je ne vais voir dans l'autre qu'une confirmation de moi, je vais l'utiliser, l'instrumentaliser, pour en faire un spectateur et non pas une rencontre. "
Fabrice Luchini

À méditer… Si on commençait par se connaître vraiment, sans se mentir à soi-même, ce serait déjà un grand pas vers l’empathie.
Je croise de plus en plus de personnes dans le déni d’elles-mêmes, sur bien des plans. Et ce déni, aussi insidieux soit-il, peut être destructeur : pour elles, et aussi pour leurs relations.
Le déni de soi est aussi lié à une quête effrénée de dopamine. Nous vivons dans un monde où la norme, c’est d’être junkie. Que ce soit les écrans , les réseaux sociaux , la junk food , le sucre , l’alcool ou d’autres substances… Ces “shoots” de dopamine prennent le dessus.
Ces habitudes finissent par nous transformer, altérer nos pensées et nos priorités. La vraie question à se poser n’est pas: « suis-je addict » mais « combien d’addictions me dictent ma conduite et me détruisent ? » Essayez de couper votre portable une journée, de vous priver de sucre une semaine ou de café… Vous ressentirez les effets du manque, et ils sont bien réels.
Alors, question honnête : déni ou pas ? Êtes-vous capable d’admettre que vous êtes dépendant(e) ? Parce qu’au final, vous seul(e) pouvez choisir de changer.
Ces “drogues modernes” nous éloignent de l’essentiel : le sens de la vie, nos proches , notre mémoire, notre attention, notre empathie… En résumé, elles nuisent à notre santé et à nos relations tout autant que les drogues que l’on pointe du doigt.
Et si on reprenait les rênes de nos choix ?



